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Avocat pour l'expulsion d'un locataire à Lille

L'expulsion d'un locataire qui ne paie plus son loyer obéit à une procédure strictement encadrée : commandement de payer, audience devant le juge des contentieux de la protection, puis exécution de la décision par un commissaire de justice. Chaque étape comporte des délais et des formalités dont le non-respect peut retarder, voire compromettre, la procédure. Maître Hugo Fort, avocat en droit immobilier à Lille, accompagne les bailleurs à chaque étape et conseille les locataires sur leurs moyens de défense.

Texte de référence
Code des procédures civiles d’exécution
Juridiction
Tribunal judiciaire de Lille
Premier échange
Offert et sans engagement

Situation urgente (commandement à date butoir, expulsion imminente) : 06 17 30 92 79

Dessin au trait du palier d'un immeuble lillois, un courrier officiel glissé sous la porte

Quatre situations qui reviennent le plus souvent

  • Dessin au trait d'une main remettant une enveloppe officielle sur le pas d'une porte d'appartement

    Bailleur

  • Dessin au trait d'un salon encore meublé, des cartons de déménagement vides contre le mur et une horloge murale

    Bailleur

  • Dessin au trait de la façade d'un palais de justice

    Bailleur

  • Dessin au trait de mains tenant une assignation au-dessus d'une table, des lunettes et un téléphone à côté

    Locataire

Sélectionnez une situation ci-dessus pour découvrir les faits, l'action menée et les textes applicables.

Nos interventions : expulsion d'un locataire

  • Commandement de payer

    Délivré par commissaire de justice et visant la clause résolutoire, avec ses mentions obligatoires : un commandement irrégulier peut fragiliser toute la suite de la procédure.

  • Constat de la clause résolutoire

    Saisine du juge des contentieux de la protection pour faire constater la résiliation du bail, obtenir le paiement de l'arriéré et l'expulsion ; le juge peut accorder des délais de paiement dans la limite de trois ans.

  • Congé et maintien dans les lieux

    Expulsion du locataire qui se maintient après un congé régulier pour vendre, reprendre le logement ou pour un motif légitime et sérieux (article 15 de la loi du 6 juillet 1989).

  • Commandement de quitter les lieux

    Signifié après la décision de justice, il ouvre un délai de deux mois avant toute mesure d'expulsion, délai que le juge peut réduire ou supprimer en cas de mauvaise foi caractérisée.

  • Concours de la force publique

    Si l'occupant ne quitte pas les lieux, le commissaire de justice requiert le concours de la force publique auprès du préfet ; aucune expulsion n'est exécutée pendant la trêve hivernale, sauf exceptions prévues par la loi.

Notre approche

  • Vérification du bail et de la dette

    Contrôle de la clause résolutoire, du décompte et des délais applicables avant tout acte, pour ne pas fragiliser la procédure.

  • Négociation amiable

    Recherche d'un accord, échéancier ou départ amiable, chaque fois qu'il sert mieux vos intérêts qu'une procédure.

  • Audience devant le juge

    Préparation du dossier et plaidoirie devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire dont dépend le logement.

  • Exécution de la décision

    Commandement de quitter les lieux, puis concours de la force publique si nécessaire, dans le respect des délais et de la trêve hivernale.

Du loyer impayé au commandement de payer

L'expulsion est souvent l'aboutissement d'un contentieux locatif. Sauf disposition spéciale, elle ne peut être poursuivie qu'en vertu d'une décision de justice ou d'un procès-verbal de conciliation exécutoire, après signification d'un commandement de quitter les lieux (article L. 411-1 du Code des procédures civiles d'exécution). Le bailleur qui contraindrait lui-même son locataire à partir, par exemple en changeant les serrures, s'exposerait à des poursuites pénales (article 226-4-2 du Code pénal).

Lorsque le locataire ne règle plus son loyer ou ses charges, la procédure débute par un commandement de payer délivré par commissaire de justice et visant la clause résolutoire du bail ; depuis la loi du 27 juillet 2023, tout bail d'habitation doit comporter une telle clause. Le locataire dispose de six semaines pour régulariser sa dette lorsque le bail a été conclu ou renouvelé depuis le 29 juillet 2023, et de deux mois pour les baux antérieurs (article 24 de la loi du 6 juillet 1989 ; Cass. 3e civ., avis du 13 juin 2024, n° 24-70.002).

À peine de nullité, le commandement comporte plusieurs mentions obligatoires, parmi lesquelles le délai laissé au locataire, le décompte de la dette et la possibilité de saisir le fonds de solidarité pour le logement ou de demander au juge des délais de paiement. Un commandement irrégulier peut fragiliser toute la suite de la procédure.

Signalement à la CCAPEX

Lorsque le bailleur est une personne physique ou une société civile familiale, le commissaire de justice signale le commandement de payer à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) dès que la dette atteint l'un des seuils fixés par arrêté préfectoral. Les autres bailleurs personnes morales doivent saisir la CCAPEX au moins deux mois avant d'assigner leur locataire, à peine d'irrecevabilité de la demande.

L'audience devant le juge des contentieux de la protection

Faute de paiement dans le délai, le bailleur assigne le locataire devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire dont dépend le logement, en référé ou au fond, afin de faire constater l'acquisition de la clause résolutoire et d'obtenir la condamnation au paiement de l'arriéré ainsi que l'expulsion. À peine d'irrecevabilité, l'assignation est notifiée au préfet au moins six semaines avant l'audience, afin qu'un diagnostic social et financier puisse être réalisé.

Le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d'office, accorder des délais de paiement dans la limite de trois ans, à condition que le locataire soit en situation de régler sa dette et qu'il ait repris le versement intégral du loyer courant avant l'audience. Pendant ces délais, les effets de la clause résolutoire sont suspendus : si le locataire les respecte, la clause est réputée n'avoir pas joué ; dans le cas contraire, elle reprend son plein effet.

Lorsque la résiliation du bail est acquise, le juge ordonne l'expulsion et peut condamner l'occupant au paiement d'une indemnité d'occupation jusqu'à la libération effective des lieux.

D'autres causes d'expulsion

L'expulsion peut aussi être demandée lorsque le locataire se maintient dans les lieux après un congé régulièrement délivré par le bailleur (vente, reprise ou motif légitime et sérieux, article 15 de la loi du 6 juillet 1989), ou lorsque le juge prononce la résiliation du bail pour un manquement grave du locataire à ses obligations. Dans tous les cas, le bailleur doit disposer d'un titre exécutoire avant toute expulsion.

De la décision à la libération des lieux

Une fois la décision signifiée, le commissaire de justice délivre au locataire un commandement de quitter les lieux. Sauf décision contraire du juge dans les cas prévus par la loi, l'expulsion ne peut avoir lieu qu'à l'expiration d'un délai de deux mois suivant ce commandement (article L. 412-1 du Code des procédures civiles d'exécution).

Le locataire peut saisir le juge de l'exécution pour obtenir des délais supplémentaires lorsque son relogement ne peut avoir lieu dans des conditions normales ; depuis la loi du 27 juillet 2023, ces délais sont compris entre un mois et un an (articles L. 412-3 et L. 412-4 du même code).

Trêve hivernale

Du 1er novembre au 31 mars de l'année suivante, il est sursis à l'exécution des mesures d'expulsion, sauf si le relogement des intéressés est assuré dans des conditions suffisantes ou dans les cas prévus par la loi (article L. 412-6 du Code des procédures civiles d'exécution). La procédure elle-même se poursuit pendant cette période : seule l'expulsion est différée.

Si le locataire ne part pas de lui-même, le commissaire de justice ne peut le contraindre qu'avec le concours de la force publique, qu'il requiert auprès du préfet. L'État est tenu de prêter son concours à l'exécution des décisions de justice ; son refus, exprès ou résultant du silence gardé pendant deux mois sur la réquisition, ouvre droit pour le bailleur à une indemnisation (article L. 153-1 du Code des procédures civiles d'exécution).

Notre cabinet accompagne les bailleurs à chaque étape, du commandement de payer à l'exécution de la décision, et conseille les locataires sur les délais et les moyens de défense dont ils disposent. Lorsque c'est possible, un accord sur l'apurement de la dette ou sur une date de départ est recherché.

Page rédigée par Maître Hugo Fort, avocat au barreau de Lille. Mise à jour le .

Questions fréquentes : expulsion d'un locataire

Combien de temps dure une procédure d'expulsion ?

Aucune durée globale ne peut être annoncée à l'avance : elle dépend notamment du délai d'audience, des délais que le juge peut accorder au locataire et de la période de l'année. La loi impose toutefois plusieurs délais : six semaines après le commandement de payer (deux mois pour les baux antérieurs au 29 juillet 2023), notification de l'assignation au préfet au moins six semaines avant l'audience, puis deux mois après le commandement de quitter les lieux, sans compter la trêve hivernale.

Peut-on expulser un locataire pendant la trêve hivernale ?

En principe non : du 1er novembre au 31 mars de l'année suivante, il est sursis à l'exécution des mesures d'expulsion, sauf relogement assuré dans des conditions suffisantes ou exceptions prévues par la loi (article L. 412-6 du Code des procédures civiles d'exécution). La procédure peut en revanche se poursuivre pendant cette période : commandement de payer, audience et jugement.

Un propriétaire peut-il changer les serrures d'un locataire qui ne paie plus ?

Non. L'expulsion suppose une décision de justice et l'intervention d'un commissaire de justice. Contraindre soi-même le locataire à partir, par exemple en changeant les serrures, expose le bailleur à des poursuites pénales (article 226-4-2 du Code pénal).

Le juge peut-il accorder des délais au locataire ?

Oui, à deux moments. Le juge des contentieux de la protection peut accorder des délais de paiement, dans la limite de trois ans, si le locataire est en situation de régler sa dette et a repris le paiement intégral du loyer courant avant l'audience. Après la décision d'expulsion, le juge de l'exécution peut accorder des délais pour quitter les lieux, compris entre un mois et un an, lorsque le relogement ne peut avoir lieu dans des conditions normales.

Que faire si le préfet refuse le concours de la force publique ?

L'État est tenu de prêter son concours à l'exécution des décisions de justice. Son refus, exprès ou résultant du silence gardé sur la réquisition, engage sa responsabilité : le bailleur peut demander à être indemnisé, d'abord auprès du préfet puis, le cas échéant, devant le tribunal administratif (article L. 153-1 du Code des procédures civiles d'exécution).

Faut-il saisir la CCAPEX avant d'assigner le locataire ?

Cela dépend du bailleur. Un bailleur personne morale, autre qu'une société civile familiale, doit saisir la CCAPEX au moins deux mois avant de délivrer l'assignation, à peine d'irrecevabilité. Pour un bailleur personne physique, c'est le commissaire de justice qui signale le commandement de payer à la CCAPEX lorsque la dette atteint l'un des seuils fixés par arrêté préfectoral.

Vous êtes confronté à un locataire qui ne paie plus ?

Notre cabinet vérifie votre bail et le décompte de la dette, puis vous accompagne à chaque étape de la procédure. Contactez-nous pour un premier échange.